• ABARTH : Les originres du mythe :
     
    Pour la petite histoire.
     
     Pour la petite histoire Pour la petite histoire
    © Archives Santoni-Bellu
     
    Le groupe Fiat a décidé d’exhumer le nom d’Abarth. Non pas en l’accolant seulement à un modèle, comme ce fut le cas avec les Autobianchi A 112 ou les Fiat Ritmo qui ne laissèrent pas un souvenir impérissable, mais en créant un label indépendant. Dont acte : la 500 Abarth n’est pas une Fiat 500 ! Mais existe-t-il vraiment un « style Abarth » indépendant de tout autre héritage ?

    Dans l’histoire de la marque Abarth, il y a plusieurs types de création : les plus connues sont des élaborations effectuées à partir de modèles Fiat de grande série. Les Fiat 500 et surtout les Fiat 600 ensorcelées sont les plus mémorables.
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    Puis, il y a des Abarth plus méconnues, plus anciennes, celles qui vécurent sur l’héritage de Cisitalia. Enfin, il y a les berlinettes de compétition : ce sont les Abarth les plus recommandables, les plus prestigieuses, les seules qui soient nanties d’une véritable identité esthétique.

    Au lendemain de la guerre, l’Italie bouillonne. Elle va vivre un véritable « miracle » économique au cours des années 1950 et 1960. Une nuée de petits constructeurs spécialisés dans la confection de voitures de sport apparaissent à la même époque. Parmi eux, Cisitalia, formée par Piero Dusio qui dès la fin des hostilités, veut créer des automobiles inédites en faisant appel à des talents originaux.
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    © Archives Santoni-Bellu

    En 1947, Carlo Abarth se retrouve directeur sportif de Cisitalia. Il s’emploie d’abord à modifier les produits existants. Quand Cisitalia quitte l’Italie pour rejoindre l’Argentine, il cède cinq voitures à Carlo Abarth.

    Abarth transforme la Cisitalia 204, il va l’engager aux Mille Miglia et lui octroyer une superbe carrosserie concoctée chez le carrossier Vignale.

    Outre la réalisation des Tipo 204 A, l’usine Abarth va se consacrer à la fabrication d’accessoires pour les automobiles de grande diffusion : des systèmes de changement de vitesse au volant, des collecteurs d’admission ou des pots d’échappement. Dès que la nouvelle Fiat 1100 apparaît, en mars 1953, Carlo Abarth entreprend sa transformation. Avec le Tipo 207 A naît la première Abarth promise à une petite production et à son exportation.

    La Fiat 600 transfigurée.

    Au Salon de Genève 1955, Fiat lance la 600 qui va orienter la destinée d’Abarth.

     La Fiat 600 transfigurée La Fiat 600 transfigurée
    © Archives Santoni-Bellu
     
    Plus encore que les 595 et 695 dérivées de la Fiat 500, ce sont les modèles issus de la Fiat 600 qui ont le mieux participé à la constitution du palmarès de la marque.

    Les choses sérieuses commencent au Salon de Turin 1961 lorsque Abarth présente la 850 TC Berlina. Elle prend la suite des versions 750 qui restaient de gentilles élaborations de la Fiat 600.

    La 850 est animée par le moteur Tipo 214 C/F et sa suspension avant se démarque désormais de celle de la Fiat 600 : le ressort transversal à lames est remplacé par des hélicoïdaux et des triangles. Le moteur à arbre latéral est alimenté par un seul carburateur Solex développe 52 ch à 5 800 tr/min.
     La Fiat 600 transfigurée La Fiat 600 transfigurée
    © Archives Santoni-Bellu
     
    La 850 TC connaîtra une longue carrière, avec des développements tels que la 850 TC Nürburgring, mais elle est épaulée par la 1000 Berlina à partir d’octobre 1962.

    La modeste et populiste Fiat 600 se dévergonde encore un peu plus en gravissant un échelon qui la mène dans la classe « 1 000 cm3 ». Son moteur est désormais emprunté à la Monomille. Ce Tipo 210 A reprend le bloc du Bialbero, mais se contente d’un arbre à cames latéral ; il fournit 60 ch à 6 200 tr/min.
    À partir de mars 1965, la 1000 berlina Corsa devient encore plus rageuse. Le système de refroidissement est optimisé sur les berlines 850 TC et 1000 Corsa, ce qui se traduit par le montage d’un volumineux radiateur en figure de proue., un signe inoubliable de ces machines infernales.
     La Fiat 600 transfigurée
    850 TC
    © Abarth
     
    En 1968, Abarth s’engage dans les courses ouvertes aux « voitures de tourisme spéciales », autant dire des automobiles qui n’ont de touristiques que leur silhouette. La 1000 Berlina Corsa dispose maintenant du moteur « Radiale » du type 214D/F. Au rendement exceptionnel de cette bouillante mécanique s’ajoute une stabilité stupéfiante en courbe. Les petites Abarth suivent des trajectoires idéales… sur trois roues !

    Le moteur quatre cylindres en ligne, toujours à arbre à cames latéral, et toujours avec une cylindrée fixée à 982 cm3, développe maintenant 112 ch à 8 200 tr/min.

    Belle fin pour la modeste Fiat 600 !
     
    La saga de Bialbero.
     
    Paradoxalement, c’est en se rapprochant de Fiat, qu’Abarth a gagné sa légitimité en tant que constructeur à part entière. Au Salon de Genève 1956, le stand Abarth réunit quatre voitures en épi, toutes équipées de la mécanique « 750 » : le coupé 215 A de Bertone, un coupé plus sage signé Viotti, une berline Fiat 600 décorée par Ghia et une berlinette créée par Zagato.

    La voici enfin, la berlinette qui va répandre autour du monde la notoriété d’Abarth. Présentée dans une livrée blanche, la 750 GT reprend la ligne d’un modèle que Zagato avait montré au Salon de Turin 1955 et qui utilisait déjà une mécanique de Fiat 600.
     La saga des Bialbero La saga des Bialbero
    Bialbero                                                                          2 Mila GT
    © Archives Santoni-Bellu
     
    Au Salon de Paris 1958, Abarth expose deux berlinettes carrossées par Zagato pour séduire la clientèle française : une 500 GT et la nouvelle 750 Record Monza. La 750 Record Monza se distingue par une caisse plus trapue.

    Au Salon de Turin 1959, la 750 Bialbero Record Monza Record disparaît déjà pour se dédoubler en deux variantes musclées : 700 et 850 Bialbero Record Monza qui correspondent aux catégories sportives que briguent les deux voitures.

    En octobre 1961, exit Zagato pour laisser la place à une nouvelle carrosserie. Les 700 et 1000 Bialbero reçoivent une caisse plus lumineuse qui conserve des masses identiques, mais dont Zagato n’est plus l’auteur. Dessinée par Mario Colucci, elle est réalisée dans les ateliers Beccaris. Les deux versions grappillent quelques chevaux : 68 ch pour la 700 et 97 ch pour la 1000.
     La saga des Bialbero La saga des Bialbero
    1600 GT                                                                                                                             2 Mila Corsa
    © Archives Santoni-Bellu
     
    Au Salon de Genève 1962, mûrit la 1300, premier fruit de la coopération entre Abarth et Simca. C’est sur le stand Simca que l’on découvre la berlinette Simca 1300, à côté d’une Simca 1000 et d’une Aronde P60. Elle ressemble beaucoup aux 700 et 1000 Bialbero, mais l’empattement a été allongé de neuf centimètres. Elle utilise un soubassement de Simca 1000 ainsi que sa boîte de vitesses et sa suspension. Le moteur double arbre est en revanche un pur produit turinois.

    Après la 1300 GT, deux nouvelles Simca s’ajouteront au programme en 1963 : une 1600 GT et une 2 Mila qui utilisent le même châssis.
     
    Abarth, le retour.
     
     Abarth le retour Abarth le retour
    Grande Punto Abarth
    © Abarth
     
    Au Salon de Genève 2007, un nouveau constructeur surgit au milieu des carrossiers et autres créateurs de rêves. Le stand est immaculé ; des voitures blanches sur fond blanc. Avec un immense scorpion écarlate plaqué sur les cloisons, comme un tampon qui certifie la renaissance officielle d’Abarth en son nom propre.

    Le groupe Fiat a mené à bien son projet : redonner tout son lustre à un blason qui n’est sans doute pas très évocateur pour les plus jeunes générations, mais qui est capable de raviver les passions, en particulier chez les Italiens. Contrairement à beaucoup d’industriels, comme en France Renault qui a laissé tomber en désuétude des noms porteurs d’émotions tels qu’Alpine ou Gordini, le groupe Fiat a estimé que la marque Abarth avait encore un fort pouvoir de suggestion.
     
     Abarth le retour Abarth le retour
    500 Abarth
    © Abarth
     
    La Grande Punto Abarth est animée par un moteur 1.4 Turbo T-Jet qui dispose de deux arbres à cames en tête et de quatre soupapes par cylindre. Suralimenté par un turbocompresseur, la Grande Punto délivre 155 chevaux.

    La personnalisation fait partie de l’environnement de l’amateur d’Abarth. Les plus nostalgiques n’ont pas oublié les catalogues d’options que proposait Abarth pour améliorer la distribution, l’alimentation ou l’échappement des mécaniques Fiat.
     Abarth le retour Abarth le retour
    500 Abarth Assetto Corse
    © Abarth

    La 500 Abarth fait ses débuts officiels au Salon de Genève 2008 pour un lancement commercial programmé en juillet suivant.

    Pour le lancement de la 500 Abarth, une série spéciale « Opening Edition » a été proposée aux cent acheteurs les plus prompts. Sa puissance passe de 135 à 160 ch à 5 750 tr/min avec un couple maximal de 230 Nm à 3 000 tr/min.

    Pour la compétition, Abarth a concocté une élaboration « Assetto Corse » produite en quarante-neuf exemplaires : les prestations sont encore améliorées : 200 ch à 6 500 tr/min, 300 Nm à 3 000 tr/min. Car bien sûr, la 500 Abarth ne résistera pas non plus à l’appel de la compétition et fera l’objet d’un championnat monotype.

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