• FACEL VEGA modèle FV :

    En cette période de l’après-guerre, Jean Daninos rêve de donner à l’automobile française une marque sportive de prestige. Il explore diverses solutions pour créer une voiture moderne, qui prendrait la relève des vieilles firmes de haut de gamme aujourd’hui dépassées. Il est ainsi à l’origine de plusieurs initiatives tendant à relancer la marque Hispano-Suiza ou à créer une société commune à Facel et Pont-à-Mousson. Ces efforts s’avérant infructueux, Jean Daninos se résout à se lancer seul dans l’aventure.

    Le premier prototype de la future Facel Véga date de 1952. Faute de pouvoir disposer d’un moteur français à la hauteur, Jean Daninos s’est tourné vers les Etats-Unis, où il avait noué des relations pendant la guerre. Un accord est conclu avec Chrysler, qui possède des V8 modernes, puissants, robustes et silencieux. Il s’agit de mécaniques à course courte et chambres de combustion hémisphériques.
    FACEL VEGA Modèles FVFACEL VEGA Modèles FV
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    En octobre 1952, le prototype prend la route pour ses premiers essais, avant d’être envoyé outre-Atlantique, chez Chrysler, pour poursuivre sa mise au point. Tous les tests s’avérant positifs, décision est prise en 1953 de construire la voiture. Reste à lui trouver un nom. Sur proposition de l'écrivain Pierre Daninos, frère du constructeur, la nouvelle marque s’appellera "Véga", l’une des plus brillantes étoiles de la constellation de la Lyre. Après la Comète, c’était bien la moindre des choses…

    Dévoilée à la presse le 29 juillet 1954 dans l'usine de Colombes, la Véga est présentée au public lors du salon de Paris au mois d’octobre. Sous son capot vrombit le V8 De Soto Firedome de 4528 cm3, qui, alimenté par un carburateur double corps, délivre 180 ch SAE à 4400 tr/mn. Il est accouplé à une boîte de vitesses mécanique à quatre rapports fabriquée par Pont-à-Mousson — la transmission automatique Chrysler Torqueflite sera également disponible en option.
    FACEL VEGA Modèles FV
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    Le design très réussi de la Véga présente une ligne surbaissée dotée d’un élégant pavillon, tandis que la face avant très abrupte s’orne d’une calandre encadrée de deux prises d’air. Ce style s’inspire notoirement de la Ford Comète, tout comme du coupé Bentley 4,5 litres réalisé en 1951 par Jean Daninos pour son usage personnel. Construite en une toute petite série, la première Véga (type FV) est aisément reconnaissable à son pavillon court, d’où un habitacle réduit à l’arrière. Elle est proposée au prix de 2 873 000 francs, soit, pour donner une échelle, 6,2 fois celui d’une 4 CV Renault. Dès lors, la voiture, qui se caractérise par une finition hors pair, sera constamment améliorée, sa puissance augmentée et son intérieur toujours plus luxueux.
    FACEL VEGA Modèles FVFACEL VEGA Modèles FV
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    La Véga connaît sa première évolution en 1955 avec le type FV 1. Afin d’accroître l’espace dévolu aux passagers arrière et faire de la voiture une vraie quatre places, l’empattement a été allongé de douze centimètres (2,63 mètres). Les proportions du pavillon en sont transformées et les vitres arrière considérablement agrandies. La FV 1 bénéficie par ailleurs d’un nouveau V8 Chrysler de 4770 cm3 développant 203 ch (carburateur quadruple corps). La vitesse atteint maintenant 170 km/h ou 190 km/h selon le rapport de pont (couple de 3,31 ou 2,93).

    C’est avec la FV 2 présentée au salon de 1955 que la marque de Jean Daninos devient officiellement Facel Véga. La FV 2 offre deux nouveautés esthétiques majeures dans l’histoire de la firme. Première voiture française de série à être dotée d’un pare-brise panoramique, elle est également la première Facel ornée du célèbre tableau de bord en métal peint imitant à la perfection la ronce de noyer. Cette pièce magnifique est réalisée à la main par Marcel Bigot, le chef peintre de l’usine de Dreux. Baptisé désormais Typhoon, le V8 Chrysler de 4,8 litres est porté à 230 ch. En mars 1956, il est remplacé par un nouveau bloc Chrysler de 5,4 litres développant 250 ch (type FV 2B).
    FACEL VEGA Modèles FVFACEL VEGA Modèles FV
    FV 1                                                                                  FV 2
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    FACEL VEGA Modèles FVFACEL VEGA Modèles FV
    Rare cabriolet FV 1                                                                                                           Cabriolet FV 2
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    Quelques cabriolets FV 1 et FV 2 sont construits malgré les réticences de Jean Daninos à l’égard de ce type de carrosserie, le châssis manquant à ses yeux de rigidité eu égard aux performances de la voiture.

    Avec la FV 3, qui apparaît en octobre 1956, le coupé Facel Véga reçoit la dernière évolution de sa proue : la calandre est élargie, les moustaches doublées et les ornements inox des phares cèdent la place à deux projecteurs superposés. Parallèlement, est monté un V8 Chrysler de 4940 cm3 développant 253 ch à 4600 tr/mn.
    FACEL VEGA Modèles FVFACEL VEGA Modèles FV
    FV 3                                                                               FV 3B
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    Présentée pendant l’été 1957, la FV 3B reçoit le V8 Chrysler de cinq litres porté à 260 ch. La vitesse de pointe est alors de 190 km/h (ou 210 km/h avec le pont long). L’empattement gagne encore trois centimètres, tandis que la carrosserie est légèrement allongée et élargie. C’est dans la FV 3B de Michel Gallimard que, le 4 janvier 1960, Albert Camus et son éditeur trouveront la mort sur la N6 entre Sens et Paris.

    Construite conjointement à la FV 3B, la FV 4 est en principe réservée à l'exportation. Son V8 de 5798 cm3 s’avère nettement plus puissant et, avec 294 ch, il permet à la voiture de franchir le cap des 200 km/h (225 km/h avec le rapport long). Les Facel Véga poursuivent ainsi la course effrénée à la puissance lancée par Chrysler (comme par l’ensemble des constructeurs américains). La prochaine étape de cette évolution sera la HK 500.

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  • FACEL VEGA Excellence :

    L’Excellence appartient à cette race de berlines d'exception surmotorisées qui tentent de relever un défi, celui de concilier les performances de très haut niveau propres aux GT avec l'espace et le confort de berlines cossues, voire de limousines de grand luxe. Sortes de GT "familiales", elles se différencient des coupés 2+2 par leur habitabilité de quatre places spacieuses conjuguée à l'accessibilité d'une quatre portes, épargnant aux occupants des places arrière les contorsions auxquelles ils sont soumis dans un coupé.

    L’Excellence trouve sa genèse dans le souhait de l'Etat de doter les cortèges officiels d'une berline de prestige française, qui fait défaut depuis le retrait des marques de haut de gamme tricolores. Elle est extrapolée du coupé FV 1, dont l'empattement a été allongé de cinquante centimètres.
    FACEL VEGA ExcellenceFACEL VEGA Excellence
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    Présentée en avant-première au salon de Paris de 1956, elle est équipée du Chrysler Typhoon TY 1 de 4768 cm3 et 230 ch SAE du coupé FV 2. L'année suivante, elle reçoit au même salon le TY 4 de cinq litres, mais c'est finalement le Typhoon TY 6 de 6460 cm3 et 330 ch qui est monté sur la version définitive commercialisée en mai 1958. En septembre de la même année, apparaît une nouvelle mouture, l'EX 1, qui se différencie par son moteur Typhoon TY 7 de 5907 cm3 délivrant 360 ch SAE (moins de 300 ch DIN). Si la voiture est dotée en série d'une boîte manuelle à quatre rapports conçue par Pont-à-Mousson, la plupart des clients opteront pour la transmission automatique Chrysler Torqueflite à trois rapports.
    FACEL VEGA Excellence
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    Les performances, exceptionnelles pour une berline de l'époque (200 km/h) permettent à l'Excellence d'accrocher à son palmarès le titre honorifique de berline la plus rapide du monde. Si les accélérations surprennent et si la souplesse offerte par l'énorme couple séduit, le comportement routier, quant à lui, déçoit. Le poids (deux tonnes) et l'inertie ajoutés à la souplesse des suspensions et à la direction trop assistée, sans parler du pont arrière rigide, ne concourent pas à doter la voiture d'un caractère sportif.
    FACEL VEGA ExcellenceFACEL VEGA Excellence
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    Avec sa silhouette étirée, qu'elle doit à une ceinture de caisse très basse, l'Excellence ressemble moins à une berline qu'à un coupé allongé. Ses lignes tendues, comme le dessin très élégant de son pavillon, sont à mettre au crédit de son design. La voiture reprend la formule américaine de la berline "hardtop" dont elle constitue le seul exemple français. Grâce à l'absence de montants et à la formule des "suicide doors", les quatre portes ouvrent sur un espace entièrement dégagé. Un système qui, toutefois, ne favorise pas la rigidité du châssis. La poupe est agrémentée d'ailerons saillants propres à la mode américaine qui envahit l'Europe à cette époque.

    A l'intérieur, on retrouve le volant tulipé Facel, ainsi que la traditionnelle planche de bord de la marque, un chef d’œuvre d'art décoratif. La finition est hors pair et l'omniprésence du cuir Connolly, y compris pour le revêtement du tableau de bord et des contre-portes, contribue au luxe exceptionnel de l’Excellence. Mais la position plus allongée qu'assise et l'habitabilité arrière décevante apparaissent comme les traits caractéristiques d'un coupé.
    FACEL VEGA Excellence
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    Sous l'appellation EX 2, les derniers exemplaires produits abandonnent les outrances américaines. Le pare-brise perd son caractère panoramique tandis que les ailes arrière voient leurs ailerons rabotés. Présentée en juillet 1961, l'EX 2 hérite d'un moteur encore plus puissant, le Typhoon TY 8 de 6267 cm3, qui développe avec deux carburateurs quadruple corps la puissance de 390 ch. La version équipée d'une boîte automatique est limitée, si l'on peut dire, à 360 ch avec un seul carburateur quadruple corps. Surtout, la voiture bénéficie des quatre freins à disques Dunlop montés sur la HK 500.
    FACEL VEGA Excellence
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    Il faut être conscient de ce que la personnalité de l’Excellence, dans le contexte de la France des années cinquante, a de singulier et même de provocant. Car outre sa mécanique, sa carrosserie révèle une identité très américanisée. De plus, sa nature apparaît plus proche du coupé quatre places que de la limousine de prestige. Si l'on ajoute à cela quelques défauts de fabrication, l'échec commercial sera au rendez-vous. D'autant que pour Jean Daninos et son Excellence, le 13 mai 1958 ne saurait constituer un évènement positif. Le caractère américain de la voiture ne pouvait qu'être retenu contre elle par le nouveau maître de l'Elysée qui l'exclura des cortèges de la Vème République naissante.

    Par contre, l’Excellence sera exportée vers quelques têtes couronnées, dont le roi Hassan II. Proposée au prix de 72 500 francs en 1962, à rapprocher des 98 000 francs d'une Rolls-Royce Silver Cloud III, elle restera en vente jusqu'à la chute de la marque en 1964, bien que sa production ait été arrêtée en 1961. Au total, 157 exemplaires en auront été construits. Jean Daninos n’aura pu réaliser son projet de lancer une version modernisée de l'Excellence et c'est Maserati qui prendra la relève avec la Quattroporte.

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  • Saga FACEL VEGA :
     
    C’est chez Citroën que Jean Daninos entame sa carrière en 1928, en tant que stagiaire. Au Quai de Javel, il va se familiariser avec la technique de la carrosserie tout acier de l’américain Budd qu’a importée André Citroën, une expérience qui s’avèrera décisive pour le futur industriel. Suite à la reprise du constructeur par Michelin, Jean Daninos quitte le double chevron et part chez l’avionneur Morane-Saulnier. Là, il se spécialise dans le travail de l’acier inoxydable et de l’alliage léger pour l'industrie aéronautique.

    Homme d’entreprise, Jean Daninos crée un bureau d’études qui travaille en sous-traitance pour les sociétés aéronautiques Farman, Stamp et Bronzavia — société dont il deviendra directeur technique en 1936. Trois ans plus tard, il crée la société FACEL, initiales de Forges et Ateliers de Construction d’Eure-et-Loir, qu’il installe à Dreux. La firme se consacre à la fabrication de pièces de carrosserie pour l’aviation.
     Historique Facel Vega Historique Facel Vega
    Vega 1954                                                                        FV 1
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    Au début de la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise produit un gazogène, qui acquerra une excellente réputation. La paix retrouvée et Jean Daninos revenu des Etats-Unis où il s’était exilé, Facel se tourne vers l’automobile et travaille pour Panhard (fabrication de la carrosserie en aluminium de la Dyna), puis pour Simca (la 8 Sport suivie des Océane et Plein-Ciel) et Ford France (les Comète et Monte-Carlo).

    Après avoir fabriqué des carrosseries en sous-traitance, Jean Daninos décide de réaliser son rêve, construire une automobile de sport et de prestige pour son propre compte. Ainsi naît en 1954 le premier coupé Facel Véga (FV), dont la version définitive entamera sa carrière commerciale l’année suivante (FV1). Faute de pouvoir disposer d’un moteur français noble et puissant, l’âme de la Facel est un énorme V8 d’origine Chrysler. Le lancement de cette nouveau-née hybride se heurte au scepticisme de la presse spécialisée, qui doute de la capacité technique de ce carrossier à s’ériger en constructeur. Ces craintes se dissiperont devant le sérieux du travail et la qualité de fabrication des voitures.
    La FV 1 sera suivie de plusieurs dérivés, FV 2, FV 3 et FV 4, dont la HK 500 apparaît en 1958 comme l’ultime évolution. Tous ces modèles sont largement exportés (près des trois-quarts de la production). La relève de la HK 500 est assurée au salon de Paris de 1961 par la magnifique Facel 2, dont la carrière sera malheureusement écourtée par les difficultés financières de la marque.
     Historique Facel Vega Historique Facel Vega
    HK 500                                                               Facel 2
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    Après le succès rencontré par les coupés, l’Excellence trouve sa genèse dans le souhait de l'Etat de doter les cortèges de la République d'une berline de prestige française, laquelle fait défaut depuis le retrait des marques tricolores de haut de gamme. Mais avec sa silhouette sportive et sa formule américaine "hardtop", l'Excellence ressemble plus à un coupé allongé qu’à une limousine officielle. Motorisée par le Chrysler Typhoon, qui délivrera jusqu’à 360 ch SAE, elle revendique le titre honorifique de berline la plus rapide du monde. Pourtant, ce sera un échec commercial, d’autant que la voiture sera chassée des cortèges de la Vème République naissante en raison de sa personnalité « atlantiste », qui déplaisait fort au Général…

    Il est clair que vu leur prix de vente et leur niveau de consommation, les grosses Facel V8 concernent, en dehors de quelques happy few hexagonaux, une clientèle majoritairement étrangère. Souhaitant toucher une clientèle véritablement française, Jean Daninos décide d’élargir sa gamme vers le bas. Dévoilée en 1959, la Facellia répond à cet objectif avec pour mission de s’attaquer notamment aux Alfa Romeo et Porsche 356. Si son design reprend fidèlement le style de la HK 500, la voiture adopte le gabarit européen. En somme, c’est une HK en réduction.
    La Facellia séduit le public lors de sa présentation, mais les clients vont vite déchanter. La fragilité du quatre cylindres Pont à Mousson, qui la motorise, va définitivement grever la réputation de la petite Facel. Elle entraînera même la chute de la firme, la prise en charge de la garantie coûtant une fortune à Facel. Lancée en 1963 avec la fiable mécanique Volvo de 1,8 litre, la Facel III arrivera trop tard.

    Pour tenter de redorer le blason de la marque écorné par les problèmes liés au lancement de la Facellia, et bien que peu porté sur la compétition, Jean Daninos décide de réaliser une Facel de course à moteur central. L’objectif est de prendre part aux 24 Heures du Mans. Développé pour la circonstance, le V8 Chrysler de 6400 cm3 développe 465 ch à 6200 tr/mn. Il est accolé à une boîte de vitesses avec pont intégré dessinée en Italie. Equipée de freins à disques Dunlop, la voiture doit atteindre les 330 km/h. Hélas, le prototype ne pourra être terminé, il sera démonté et ses éléments mécaniques restitués aux fournisseurs.
     Historique Facel Vega Historique Facel Vega
    Facellia                                                                      Facel 6
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    La trésorerie de l’entreprise ayant été engloutie en 1961 par le remplacement des moteurs de la Facellia, Facel est mis en liquidation judiciaire en juillet 1962. Après un an d'administration provisoire, le liquidateur confie la société en location-gérance à la Sferma, une filiale de Sud-Aviation. Mais en octobre 1964, cette dernière se voit refuser de poursuivre la gérance par l'Administration. Jean Daninos tente alors une opération de dernière chance avec Rover qui aboutit à un accord, Rover envisageant de prendre le relais de la Sferma. Mais cette solution ne recevra pas l’aval des autorités.

    Les Facel Vega seront exposées pour la dernière fois au salon de Paris de 1964. Toutefois, personne ne sera autorisé à prendre des commandes et la firme fermera ses portes définitivement le 31 octobre de la même année.
     
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  • FACEL VEGA HK 500 :
     
    Ultime évolution de la génération des coupés FV, la HK 500 en est la version la plus aboutie. Pour deux raisons : elle apparaît comme la plus performante, tandis que son système moderne de freinage (à quatre disques) se hisse à la hauteur de l’impressionnante cavalerie.
    FACEL VEGA HK 500cFACEL VEGA HK 500
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    Annoncée au printemps 1958, la HK 500 fait sa première apparition publique au salon de Paris au mois d’octobre. Sa carrosserie ne diffère guère de la FV3 B dont elle dérive — elle se reconnaît à ses roues à rayons Rudge à serrage central. Très sobre, le design paraît toujours d’actualité même si la hauteur des flancs commence à dater quelque peu et si le caractère panoramique du pare-brise semble outrancier. Naturellement, la HK 500 jouit de la remarquable finition qui caractérise les Facel. De plus, elle reçoit en option une direction assistée, des vitres teintées et des jeux de valises sur mesure.

    La principale nouveauté de la HK 500 tient à son énorme moteur Chrysler Typhoon de 5,9 litres, qui illustre la constante course à la puissance. Et encore, ne constitue-t-il pas, aux Etats-Unis, le plus volumineux V8 du géant de Detroit : les Chrysler New Yorker et 300 E du millésime 1959 accueillent un groupe de 413 c.i. (6,8 litres).
    Le client a le choix entre deux variantes de cette mécanique : pas moins de 360 ch SAE (avec deux carburateurs quadruple corps Carter) quand il est associé à l’excellente boîte de vitesses mécanique Pont-à-Mousson à quatre rapports, ou 335 ch avec la transmission automatique Chrysler. La version de 360 ch bénéficie d’un couple monstrueux de 55 mkg et d’un rapport poids-puissance très favorable de cinq kilos par cheval. D’où l’appellation HK 500 choisie en référence à ce rapport (Horse per Kilogram en anglais). On observera que, par rapport à la première Véga de 1954, la puissance a doublé…
    FACEL VEGA HK 500FACEL VEGA HK 500
     HK 500 1960
     
    Dans cette définition, la voiture atteint, voire dépasse, les 235 km/h, ce qui lui permet de revendiquer le titre de coupé quatre places le plus rapide du monde. La preuve en est administrée en octobre 1960 lorsque, sur une autoroute belge dégagée pour la circonstance, le journaliste et pilote Paul Frère est chronométré au volant d’une HK 500 à 237,154 km/h. Réalisée près d’Anvers, la performance sera authentifiée par le Royal Automobile Club de Belgique.

    Une telle vitesse et des accélérations tout aussi fantastiques (le 0 à 200 km/h est abattu en 35 secondes) doivent être replacées dans le contexte de l’époque pour être appréciées à leur juste valeur. Elles rendent la HK 500 difficilement utilisable (à son plein rendement) sur le réseau européen compte tenu de l’état des routes — à l’exception des quelques autoroutes allemandes. Quant à la consommation, elle peut atteindre 40 litres au 100 kilomètres en conduite rapide…
    FACEL VEGA HK 500
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    Sur la route, l’agilité ne saurait être la qualité principale à mettre au crédit de la HK 500. Les 1800 kilos en ordre de marche se payent ! La tenue de route est également affectée par une propension certaine au roulis et par les sautes d’humeur de l’essieu arrière rigide, que la direction assez imprécise ne contribue pas à maîtriser. Mais la voiture a été conçue comme une grande routière, non comme une machine de course.
    FACEL VEGA HK 500FACEL VEGA HK 500
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    La HK 500 est la première Facel à recevoir quatre freins à disque, mis au point chez Dunlop à Coventry, en Angleterre. Un équipement qui s’imposait compte tenu des performances exceptionnelles de la voiture. Ils sont d’abord proposés en option sur la version à boîte manuelle, puis de série sur les deux variantes (boîte mécanique et transmission automatique) à partir de 1960. Les dernières HK 500 (type HK 1) sont également chaussées sur demande de roues Borrani en tôle à voile ajouré et serrage central.

    Avec 450 exemplaires construits en trois ans, la HK 500 signe une brillante réussite commerciale, qui en fait le modèle Facel V8 le plus produit. La fabrication cessera à l’automne 1961 quand la voiture s’effacera au profit de la Facel II.

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