Dépouillée par rapport au modèle antérieur, la face avant de l'Eldorado 1960 paraît somme toute assez sobre. Mais c'est le remarquable traitement de sa partie arrière qui la distingue. Le dépouillement des lignes tirées vers la poupe, l'importance des surfaces lisses créent une sensation de pureté et de douceur, malgré le tranchant inquiétant des ailerons. Vaste et majestueuse, la voiture incarne à merveille le vaisseau américain conçu pour voguer en toute sérénité sur les autoroutes d'outre-Atlantique. Dans le confort, le silence et l'absence d'effort, puisque tout est assisté, automatique et électrique… Une largeur supérieure à deux mètres, 5,65 mètres de long et 2,3 tonnes n'engagent pas à la conduite sportive, même si, avec les 345 ch du V8 6,3 litres, les 190 km/h sont théoriquement du domaine du possible. Le problème est qu'à cette vitesse, le freinage apparaît tout aussi théorique, ou si l'on préfère, également du domaine du possible…
Cadillac Eldorado 1962
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Après ce sommet esthétique, place à la normalisation - tout de même relative. Le pare-brise panoramique est abandonné en premier, en 1961. La disparition des ailerons se fera plus tard. Encore largement présents jusqu'en 1963, ils sont même dédoublés en 1961 : deux au-dessus des ailes, deux en dessous ! Un traitement qui donne à la voiture un profil géométrique saturé, terminé par une poupe où convergent de nombreuses lignes de fuite.
Les Cadillac n'étant plus restylées que tous les deux ans, l'Eldorado 1962 ne présente que des changements minimes. Le millésime 1963 renoue avec le style dépouillé de 1960, surtout quant au profil arrière mais avec des ailerons réduits. Ces derniers se rétractent encore l'année suivante pour atteindre une réelle discrétion, leur décrochement des ailes étant réduit au minimum. C'est en 1965 que sonnera l'hallali de ces appendices aéronautiques et extravagants. Nés 18 ans plus tôt, ils auront marqué de leur empreinte acérée le design américain d'après guerre, amplement relayé par les stylistes européens, au premier desquels se place Pinin Farina.
Cadillac Eldorado 1964
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Cadillac Eldorado Fleetwood Cabriolet
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Par rapport à l'ensemble des modèles de la gamme Cadillac, le standing de l'Eldorado se banalise quelque peu au cours de la décennie soixante. Une évolution qui touche surtout l'équipement. Côté mécanique, un reflux s'amorce en 1961, quand le V8 de 6,3 litres est ramené à 325 ch, l'Eldorado perdant ainsi le privilège de puissance qui était le sien sur le moteur standard. Mais en 1963, Cadillac lance (enfin !) un nouveau V8. De cylindrée et de puissance égales au précédent, il gagne en compacité et légèreté. Dès l'année suivante, sa cylindrée passe à 429 c.i. (7 litres) et 340 ch.
Au cours de la période, les tarifs de l'Eldorado se sont également rapprochés du reste de la gamme. De 2000 $ environ (7500 $ contre 5500 $) pendant la décennie cinquante, l'écart entre une Eldorado Biarritz et un cabriolet de la série 62 est réduit de moitié en 1961. Cette même année voit également le retrait de la Brougham et du coupé Séville, tandis qu'en 1965, une refonte des appellations Cadillac fait de l'Eldorado un modèle de la série Fleetwood. C'est donc sous le nom de Fleetwood Eldorado qu'est lancé en 1967 un coupé entièrement inédit à la ligne sculptée d'une remarquable distinction. Dotée de la traction avant, cette voiture marque une rupture technologique dans la généalogie du haut de gamme Cadillac. Une ère nouvelle s'ouvre pour l'Eldorado…
Cadillac Eldorado 1966
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