3 octobre 1946 : Après 8 années d’interruption en raison de la guerre, le 33e Salon de l’automobile ouvre ses portes et expose de nombreux véhicules connus d’avant 1940. A leur coté, les curieux découvrent quelques rares nouveautés développées dans la clandestinité.
La plus étonnante, celle qui va attirer plus de 800000 visiteurs au Salon est la parfaite illustration de ce génie de l’ombre qui éclate enfin au grand jour. La Renault 4CV est enfin née.
Le 26 juin 1940, alors que la France est sous occupation, la direction des usines Renault est placée sous le commandement allemand. L’entreprise se voit alors interdite de tout nouveau projet automobile.
Cependant, une poignée d’ingénieurs entament, en cachette une réflexion sur une voiture bon marché, de faible consommation et adaptée à la pénurie. C’est ainsi que débute le projet 106. Plusieurs prototypes sont créés. Le premier, né en 1943, est en aluminium, n’a que deux portes et est affligé d’un physique plutôt ingrat ! Quatorze mois plus tard, le second prototype est au point avec une ligne plus avenante mais toujours deux portes.
Deux événements accélèrent l’évolution du modèle : la libération (et avec celle-ci l’arrestation de Louis Renault pour faits de collaboration) et la nomination de Pierre Lefaucheux à la tête de la Régie Nationales des Usines Renault, nouvellement nationalisée. Celui-ci saisit l’intérêt du projet et impose une amélioration du modèle.
C’est dans ce contexte que naît la petite voiture populaire et économique.


La première 4CV quitte la chaîne de montage. Elle est unique : une seule carrosserie, une seule couleur, et un seul moteur : un quatre cylindre en ligne de 760 cm3, développant 18 ch.
Lors du salon de l’automobile un journaliste spécialiste la décrit en ces termes « Une sorte de crapaud à quatre roues, jaune vanille, et dont la tête était exactement semblable à la queue ».
La « motte de beurre » s’attire la sympathie d’une nouvelle population d’acheteurs, celle qui, avec les congés payés et malgré de faibles moyens, découvre les délices des grands départs en congés. Les commandes affluent aussitôt et les modèles se succèdent : une version commerciale dès 1948, une version grand luxe en 1950, une décapotable et un modèle à toit ouvrant.
Mais la 4CV est aussi un succès à l’étranger : elle s’exporte sans mal en Europe, au Maghreb, également en Amérique du sud, aux Etats-Unis et au Japon.


Certains passionnés de compétition décèlent en elle un potentiel encore insoupçonné.
La Renault 4CV permet à des pilotes confirmés d’assouvir leur passion et d’engranger les victoires. La première : le 19 septembre 1948 à la course de côte du Mont Ventoux.
La petite Renault se sera couverte de gloire avec la 1063, version spéciale, qui remporte sa catégorie au Rallye de Monte-Carlo, puis au Rallye des Tulipes, à la coupe des Alpes, au Tour de France et même aux 24 heures du Mans.
La 500 000e 4CV sera assemblée en avril 1954 et le compteur s’arrêtera à 1 105 547 exemplaires produits en 1961, le premier record du genre pour une voiture française.
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