Un nom d'oiseau... |
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![]() Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit le proverbe. L'Aronde (hirondelle en vieux français) né en avril 1951 fit en revanche celui de Simca. Peu sophistiquée mais élégante et bénéficiant d'une présentation soignée, elle survola avec succès le paysage automobile pendant treize ans. |
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Lorsqu'en novembre 1934, un groupe d'industriels et de financiers décide de créer la S.I.M.C.A. (Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Industrielle), il ne s'agit encore que d'assembler en France des modèles Fiat conçus à Turin. Si la marque connait d'abord la notoriété avec la Simca 5 (une copie de la célèbre 500 Topolino), puis à la Libération avec une Simca 8, dérivée de la Fiat 1100, elle souhaite cependant se démarquer de la maison-mère. Henri-Theodore Pigozzi, son bouillant administrateur nourrit, en effet, d'autres ambitions et veut faire de Simca une marque française à part entière. Dès 1948, il lance l'étude d'un nouveau modèle destiné non seulement à prendre la succession de la vieillissante Simca 8, mais aussi à capable de répliquer à la berline Peugeot 203. Premier modèle entièrement conçu par le bureau d'études de la firme à Nanterre, la Simca 9, qui prendra rapidement le nom d'Aronde, joue résolument la carte de la séduction.
Elaborée à l'issue d'une vaste enquête auprès du public (une première en France), elle est taillée sur mesure pour répondre aux goûts du moment: une élégance inspirée des Italiennes avec une silhouette faite de courbes sensuelles (rondelette diront certains!) et un modernisme emprunté aux Américaines très en vogues alors. De ces dernières, l'Aronde reprend une carrosserie moderne, style pont, avec les ailes totalement intégrés à la carrosserie, une coque autoporteuse, mais aussi une foule de petits détails: une planche de bord habillée de plastique, un levier de vitesses au volant, une profusion de chromes et raffinement suprême, une trappe à essence dissimulée derrière le feu arrière gauche! Elle se veut également accueillante avec un système de chauffage efficace pour l'époque, deux boîtes à gants à couvercle escamotable, un plafonnier à allumage automatique lors de l'ouverture des portes et un siège conducteur réglable... Autant d'éléments de conforts alors inconnus à ce niveau de gamme sur des petites berlines familiales.
Fille de pub !
A la limite de la berline luxueuse, l'Aronde reste cependant très classique sur le plan mécanique. Dérivé de la Simca 8, le rustique quatre cylindres se montre toutefois plutôt alerte, tandis que freinage et tenue de route se révèlent satisfaisants. Rien de révolutionnaire donc, mais une bonne voiture pour l'époque, robuste et dynamique. Dotée de réelles qualités, pleine de charme avec sa silhouette moderne arborant des coloris vifs qui tranchent avec la grisaille de l'époque, l'Aronde va rencontrer immédiatement sa clientèle. Un succès d'autant plus grand que Simca réussit très rapidement à livrer ses Aronde pratiquement sans délai alors qu'il fallait compter plus de 18 mois pour se rendre acquéreur d'une Peugeot 203! Elletiendra le haut de l'affiche pendant treize ans et permettra ainsi à Simca de devenir le second constructeur français derrière la Régie Renault. Pourtant, pendant toute cette période, elle n'évoluera que fort peu. Seule une habile publicité fera croire à l'événement permanent et à de constantes évolutions.
La seule modification notable sur le plan mécanique consiste, en effet, au montage d'un nouveau moteur 1300 baptisé d'abord "Flash", puis "Rush" en 1955. Simca, mettra en revanche beaucoup plus de zèle à produire de multiples versions, elles mêmes déclinées en de nombreuses finitions. L'ensemble des modèles étant bien sûr restylé et rebaptisé à un rythme soutenu pour brouiller judicieusement les pistes! Ainsi, de la première Aronde rondouillarde de 1951 à l'ultime version P 60 de 1963 aux ailes effilées, il faudrait presque un annuaire pour recenser toute la gamme! Un véritable produit à "l'américaine", hautement standardisé et remarquablement bien vendu qui reste aujourd'hui très attachant dans le paysage des "anciennes".
En bref
Moteur : 4 cyl. en ligne
Cylindrée : 1221 puis 1280 cm3
Puissance : 45 et 48 ch
Vitesse maxi : 125 et 131 km/h
Production : + de 1,4 millions d'ex.
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